dimanche 19 mai 2013

Pourquoi il faut maintenir la présidence tournante, par Saïd Abdillah Saïd-Ahmed, Animateur du Mouvement Comores Alternatives





 Depuis l’indépendance des Comores, le pays a connu au moins cinq Constitutions. Aucune n’a aidé au développement et à la stabilisation de notre jeune État. Aucun pays au monde ne possède une Constitution parfaite. Mais, la plupart des pays ont su améliorer les leurs, en procédant à des retouches, mais tout en gardant l’essentiel, évitant ainsi la fossilisation et la momification de la Loi fondamentale. En France, Charles de Gaulle a fait adopter la Constitution de la Cinquième République le 4 octobre 1958. Elle ne fut pas la plus parfaite mais a su mener la France à la stabilité, et a mis fin à la partitocratie et à son corollaire, l’instabilité.

     Aux Comores, l’instauration de la présidence tournante entre les îles par la Constitution du 23 décembre 2001, sous la pression des séparatistes, a au moins permis à notre pays de connaître une stabilité institutionnelle et politique, même de manière relative. Ce n’est ni la meilleure des Constitutions, ni la plus démocratique, mais elle est arrivée à stabiliser notre pays. Or, tous les développementalistes le disent: la base de tout développement économique et social est la stabilité. La présidence tournante fut imposée par les séparatistes et soutenue par ceux qui luttent pour le démantèlement des Comores en tant qu’État uni. Certains l’ont acceptée, en espérant pouvoir la contourner, et d’autres pour mieux l’exploiter. Pourtant, le constat est visible: elle a permis la stabilité et l’alternance démocratique dans notre pays. Mais, comme tout remède, elle a des effets indésirables. Il nous appartient d’en diminuer les inconvénients, tout en gardant l’essentiel. On ne peut pas revenir en arrière car cela aurait marqué un manque de maturité de notre part.

     La présidence tournante favorise-t-elle le séparatisme insulaire?

     Les détracteurs du système de la présidence tournante – et, ils sont nombreux – l’accusent de favoriser le séparatisme insulaire. L’Histoire de l’État comorien est relativement courte, et bien connue de tous. On n’a pas besoin d’être spécialiste de l’Histoire des Comores pour savoir que le séparatisme insulaire est né avant l’instauration de la présidence tournante par la Constitution du 23 décembre 2001. Cette dernière est adoptée pour mettre fin au séparatisme. Les problèmes du séparatisme, pour ne pas dire les causes, ne sont pas uniquement dans le partage du pouvoir entre les îles, mais aussi et surtout dans la répartition des ressources ou avantages de l’État. La présidence tournante ne pourra pas résoudre tous les problèmes et calmer tous les ressentiments des uns et des autres. En même temps, grâce à elle, tout Comorien, quelle que soit son île d’origine, peut espérer un jour diriger son pays. Au fond, les méthodes de gestion de pouvoir n’ont pas changé. Sans qualification, ni expérience, les membres de la famille du chef de l’État et les natifs de son village ou de son île d’origine sont au premier cercle du pouvoir, et cela soulève la réprobation de population. On en prend prétexte pour accuser la présidence tournante de népotisme et d’insularisme, alors que ces pratiques ont toujours existé aux Comores, et n’ont pas besoin de la présidence tournante pour leur consolidation et leur pérennisation.

     La présidence tournante et l’avènement d’un chef d’État originaire de Mohéli

     On daube partout, aux Comores comme à l’étranger, sur le danger de la présidence tournante, en mettant en exergue la «mohélisation» du pouvoir par Ikililou Dhoinine. Cette «mohélisation» est sujette à caution et la question est très simple: pour la première fois de l’Histoire, les Comores ont un Président originaire de Mohéli, et celui-ci a parmi ses collaborateurs des Comoriens de toutes les îles, y compris de Mohéli. On voit des Mohéliens là où on n’a pas l’habitude de les voir. Or, la présidence tournante est présentée, pour le moment, par certains Comoriens, comme l’occasion offerte à leur île de naissance de diriger le pays. C’est une étape de notre démocratisation en devenir, et elle doit évoluer. La gestion de notre pays incombe à chaque enfant comorien, quelle que soit son île de naissance. La présence visible des certains responsables originaires de Mohéli ne doit ni nous effrayer, ni nous inquiéter, tant que ceux-ci ont les compétences requises. Il est parfois étonnant d’entendre ceux qui ont dirigé le pays hier avec leurs familles et amis crier au népotisme mohélien. Il y a même ceux qui ressuscitent la pratique du coup d’État, juste pour revenir au pouvoir. Il est, certes, difficile d’oublier les avantages et prestiges inhérents aux postes politiques, et l’impunité qui en découle. Mais, l’appétit de pouvoir des uns et des autres, ne doit pas remettre en cause un système qui a pu nous stabiliser.

     Et cette présidence tournante revendiquée par certains à Mayotte?

     Depuis le mois de janvier 2013, on nous parle de l’éventuelle échéance mahoraise de la présidence tournante. Ici, il n’est pas question de demander si l’île comorienne de Mayotte est libérée ou non. Chaque Comorien connaît la politique suicidaire des dirigeants comoriens d’hier et d’aujourd’hui sur la question de Mayotte. À défaut de mener un combat républicain au niveau national et international, on nous appelle, on nous harcèle, on nous étouffe par un «patriotisme» qui ne saurait être incarné que par certains, même par ceux qui ont déjà trahi leur pays. Chaque Comorien souhaite le retour de Mayotte dans son giron national et naturel. Mais, est-il prêt à accepter l’impunité partout, jusqu’au somment de l’État? On ne peut pas jouer ou prendre à la légère les questions liées à l’intégrité territoriale et à l’unité de notre pays. Si les séparatistes anjouanais n’ont pas été jugés, après avoir pris en otage une partie de notre territoire national, comment pouvons-nous vivre ensemble et évoluer dans la bonne direction? Ce sont des manquements très graves, que nos dirigeants doivent reconnaître. On ne peut pas laisser croire qu’on va appeler l’Union Africaine et d’autres entités étrangères chaque fois qu’il s’agira de libérer une île prise en otage par des séparatistes, et après, ne pas juger les preneurs d’otages. Si le séparatisme anjouanais a été très déstabilisant pour notre pays et a fait des victimes humaines, celui de Mayotte est pire. Le séparatisme mahorais est la source des déstabilisations permanentes des Comores. La tentative de coup d’État du 19 au 20 avril 2013 en est le dernier exemple. Les Comores ne connaîtront jamais la stabilité tant que Mayotte est sous occupation française. On ne veut pas citer les 16.000 morts de l’océan Indien, entre Anjouan et Mayotte, les milliers de portés disparus, que nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ignorent et méprisent, dans une indifférence totale. Ils font semblant de crier à l’occupation française quand ils sont dans des endroits inaudibles. Mais, dès qu’ils rencontrent l’occupant, ils le cajolent par de belles paroles rassurantes. Ils se disent qu’ils trompent le peuple comorien, mais au fond, ils se trompent eux-mêmes. Ils ne sont pas crédibles au niveau national et sont ridicules au niveau international. Comment un Algérien peut-il faire une campagne électorale, en Algérie, pour qu’un Harki devienne Président de la République? En France, après la Libération, en 1945, la plupart des collabos ont été fusillés, souvent sans jugement. Il ne faut pas qu’on fasse oublier, surtout à nos enfants, les trahisons de ceux qui ont favorisé et soutenu l’occupation de notre île par la France. Crier et nous dire qu’en guise de remerciement et de reconnaissance de leur trahison et de leur collaboration avec la puissance qu’ils sont censés combattre du fait de l’occupation de Mayotte, cela relève de l’irresponsabilité, surtout s’ils revendiquent la direction du pays.

     La présidence tournante de 2016: enjeux et interrogations

     Je ne le dirais jamais assez: l’un des avantages de la présidence tournante réside dans la stabilité. Pour la première fois de notre Histoire, des hommes et des femmes se préparent pour participer aux élections présidentielles de 2016. Ce sont des ambitions qui doivent donner plus d’espoir aux Comoriens qu’au moins cette fois, on assiste à la préparation d’une équipe, d’un projet de société pour le développement de notre pays. Cela fait, même de jaloux, et attire certains hommes et femmes politiques originaires de l’île comorienne occupée par la France. Comme ils savent qu’ils ne peuvent même pas prétendre, hier à un poste de Député, et aujourd’hui à la fonction de Président de la République française, la présidence tournante des Comores leur offre des espoirs impossibles ailleurs. Mais avant de vouloir diriger les îles indépendantes, il faudra que ceux qui vivent sous l’occupation dénoncent celle-ci et s’engagent à la combattre. C’est pourquoi, nous soutenons que:

- La présidence tournante est une justice pour les îles et non pour une catégorie particulière de personnes. Il faudra donc reconnaître à chaque enfant Comorien le droit de se porter candidat dans l’île où aura lieu la présidence tournante, quelle que soit son île de naissance, comme le permet la Constitution du 23 décembre 2001.

- Les postes de vice-présidents doivent être supprimés, afin d’alléger les charges de l’État et éviter les conflits de personnes au sommet de l’État.

-       La politique gouvernementale doit être dirigée par un Premier ministre issue de la majorité parlementaire.

    Ce sont là certaines des conditions de stabilité de notre pays et d’équilibre du pouvoir. Le régime politique semi-présidentiel est le mieux indiqué par sauver notre pays du népotisme ou des pratiques irresponsables des dirigeants comoriens.

©www.lemohelien.com– Le 15 mai 2013.

mardi 7 mai 2013

Un putsch pour mieux bâillonner le président Ikililou ? par ABDOU AHMED


Ce que je crois ... à propos du putsch avorté ! Compte tenu de la conjoncture actuelle relativement à la question de l'île comorienne de Mayotte, il n'est pas hasardeux, nous semble t-il, de s'interroger sur la nature du putsch avorté du 20 avril 2013. Et si c'était un vrai faux putsch programmé pour échouer ? Et si les commanditaires supposés ne sont que des apprentis politiciens naïfs, à la culture (géo)politique très limitée, victimes collatéraux d'un combat qui les dépasse ? Et si ce putsch, comme l'annonce du retour de Mohamed Bacar, comme le réveil de l'OPIA réclamant l'indépendance d'Anjouan, et d'autres évènements de la même veine, déjà connus ou à venir, procédait de la même logique ? Et si tout cela n'avait, in fine, pour but que de garroter le président Ikililou ? L'enjeu est de taille et les moyens forcément conséquents.
Après la collectivité territoriale, la collectivité départementale, le DOM, le PTOM, Mayotte est programmée pour devenir RUP (Région ultrapériphérique de l'Europe) en janvier 2014 (voir document ci-après), c'est-à-dire quelques mois après l'Assemblée Générale de l'ONU en septembre 2013. D'ici là il faut le silence radio sur ce sujet, car l'arme principale de la France est l'inaction des autorités comoriennes. En invoquant chaque fois sa constitution dans cette affaire, la France n'ignore pas que la charte de l'ONU, qui est un des textes fondant le droit international, a valeur de Traité une fois signée et ratifiée par un pays. À ce titre elle a une force supérieure à la constitution nationale. Elle sait surtout que tant que la partie comorienne ne se plaindra pas, aucun pays, européen ou non, ne prendra le risque d'entrer en conflit avec elle pour une cause qui n'est pas la sienne.
Il n'est pas impossible donc, que soit appliquée au président IKI, la version politico-diplomatique du pompier pyromane : on inspire un putsch, quitte à sacrifier quelques individus ; les Renseignements Généraux communiquent l'information aux services du président comorien, à temps, pour faire échouer ledit putsch. Le message subliminal envoyé étant celui-ci : votre vie et votre pouvoir ne sont rien sans nous, soyez donc notre obligé ! L'histoire nous apprend que chez les nations pompeusement qualifiées de policées, on hésite pas, parfois, à sacrifier des citoyens, les leurs ou d'ailleurs, au nom de la " raison d'Etat " ou de l'intérêt supérieur de la nation" ; des termes emballages qui, très souvent, cachent une réalité inavouable.
Rappelons-nous ! Chaque fois qu'une décision importante sur l'évolution du statut de Mayotte devait être prise, il se trouvait, comme par hasard, un os à croquer jeté dans la cour de la partie indépendante du pays, pour occuper ou préoccuper la population pendant que l'essentiel se produisait ailleurs. Un de ces os, le plus coriace, probablement, étant le séparatisme anjouanais qui, comme par hasard, a connu son dénouement fin décembre 2001, cependant qu'une loi française (n° 2000-391) « organisant une consultation de la population de Mayotte » a été votée en mai 2000 et une autre loi, érigeant Mayotte en "collectivité départementale", en juillet 2001.
Rappelons-nous ! Jusqu'en 1994, une Résolution était votée chaque année par l'AG de l'ONU, condamnant l'occupation de l'île comorienne de Mayotte par la France. Quoique n'ayant pas force exécutoire (contrairement aux Résolutions du Conseil de Sécurité), ces Résolutions entachaient l'image de la France, qui a tout fait pour les empêcher. Elle y a réussi, depuis 1995, de la façon la plus intelligente possible : aux yeux de tous, c'est la partie comorienne qui renonce à les solliciter. Mais puisqu'il faut continuer à amuser la galerie, on fournit aux différents présidents comoriens des balles à blanc, à faire exploser à la tribune de l'ONU. Une balle à blanc est en tout point semblable à une balle réelle. Elle fait du bruit comme la balle réelle, mais ... elle ne blesse pas. Le jeu consiste à clamer haut et fort à la tribune de l'ONU, la volonté des Comores à ne pas abandonner Mayotte, mais en ayant préalablement pris la précaution de demander à l'AG de ne pas en débattre, esquivant ainsi le vote d'une résolution : pas de débat, pas de résolution ! Tout le monde est content, la France en premier. Mais le Raïs comorien aussi car, au pays, ses thuriféraires reprennent en chœur son discours, en louant son courage et son patriotisme. Il est même arrivé que certains patriotes s'en soient laissés conter.
Pour la puissance occupante, l'évolution actuelle du statut de Mayotte (à l'échéance de la mise en application de la Décision N° 2012/419/UE, érigeant Mayotte en Région Ultra Périphérique de l'Europe, à compter du 1er janvier 2014), ne tolèrerait même pas que la balle à blanc soit tirée. Surtout à une date proche de la « rupéisation » effective. Car le risque existe, même minime, de donner des idées contrariantes à certains pays. En effet l'inaction et le silence mortifère de la partie comorienne est le meilleur allié de l'occupant. D'où la nécessité de s'assurer que Ikililou ne risque pas d'avoir un sursaut de patriotisme, en tout cas avant janvier 2014. Pour cela tout un mécanisme multifacette pourrait avoir été mis en branle. Le putsch pourrait être une de ces facettes. Mais le président pourrait également avoir bénéficié de beaucoup de conseils de proches, visibles ou occultes, "qui lui veulent du bien", bien sûr. Par exemple, lui faire comprendre qu'il ne sera pas un président "réellement accompli" tant qu'il n'aura pas eu la distinction et le privilège d'être reçu à l'Elysée ; que quelqu'un pourrait lui ouvrir les portes de cette forteresse ; qu'il doit, donc, faire attention pour ne pas risquer de subir le sort de certains de ses prédécesseurs ...
Que faire alors, Monsieur le président ? D'abord, être bien convaincu vous-même que vous devez votre légitimité non pas à un quelconque parrain étranger, mais au peuple comorien qui vous a élu. Cette posture peut vous mettre à l'abri du chantage. Ensuite, prendre conscience que, devant Dieu et les humains, vous êtes coresponsables des milliers de morts de vos concitoyens, consécutives au fameux "visa Balladur", tant que vous n'aurez pas fait ce qui est en votre pouvoir pour y remédier. Enfin, avoir la certitude que si vous faillissiez (comme certains de vos prédécesseurs) à votre mission constitutionnelle, historique, de garant de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale, et que le jugement pour haute trahison ne vous est pas appliqué par vos contemporains, l'Histoire, grand juge devant l'Eternel, ne vous ratera pas. Et c'est toute votre lignée qui en pâtira. De tout cela, nous semble t-il, doit émaner votre ligne de conduite relative à votre action future sur la Question de l'île comorienne de Mayotte.
Quelques axes : il y a deux actions incontournables sur cette affaire, pour un président comorien qui se respecte. Le reste n'est que subsidiaire, après 38 ans de conflit larvé.
1)- Saisir le Conseil de sécurité (CS) dont les résolutions sont contraignantes et exécutoires. Je précise, pour nos "experts" en diplomatie, que le droit de véto français ne peut, en aucun cas, constituer une excuse ou un argument pour ne pas le faire. Il est vrai que la France a opposé son veto en février 1976, suite à la saisine du CS par le président Ali Swalihi (la seule et unique action diplomatique d'envergure depuis 38 ans), et ce malgré l'excellent argumentaire du Dr Mwinyi Baraka, alors ambassadeur. C'était tout de même un succès diplomatique. Mais depuis, l'interprétation de ce droit a évolué : «dans les décisions prises [...], une partie à un différend s'abstient de voter » (art. 27.3 de la Charte). Donc veto français exclu.Et puis, avons-nous le choix ? Nous n'avons que la force du droit pour nous et pas le rapport de force.
2)- Que le procureur de la République saisisse, au nom de l'Etat comorien, le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour crime contre l'humanité, en application de l'art. 7.d (transfert forcé de population) et 7.h (Persécution de groupe ou de collectivité identifiable pour des motifs d'ordre politique, racial, national, ethnique, ...). C'est l'une des 3 seules voies de saisine, les 2 autres étant par le CS de l'ONU ou par le Procureur de la CPI lui-même,proprio motu (auto-saisine). Quelle que soit la volonté et l'abnégation des partis et des associations, leur action ne peut être qu'informative auprès du Procureur de la CPI, en espérant qu'il voudra bien enquêter, en vue éventuellement de s'autosaisir (très aléatoire).
Le président de notre Assemblée de l'Union pourrait continuer le travail initié par son prédécesseur, Said Dhoiffir Bounou (en collaboration avec les associations), en écrivant au président du Parlement européen pour attirer son attention sur le fait que la décision du Conseil Européen de "RUPéiser" Mayotte est inacceptable, et qu'en tout état de cause, elle est illégale au regard du droit international. Elle contrevient aux engagements internationaux de chacun des pays de l'Union européenne, qui ont tous voté le 12 novembre 1975, et sans équivoque aucune, l'appartenance de Mayotte à l'État comorien.

Abdou Ahmed
Paris

lundi 29 avril 2013

Communiqué du Docteur ABDELAZIZ RIZIKI MOHAMED


Le Docteur Abdelaziz Riziki Mohamed nous a adressé ce Communiqué pour diffusion. 

Surenchère haineuse et accusations sans preuves contre une famille
Résurgence de haines politiques interfamiliales contre la famille Ahmed Abdallah

Par ARM

Le 7 octobre 2011, nous avons cosigné avec le Docteur Ali Abdou Mdahoma une tribune contre un article injurieux du blog de propagande d’Ahmed Sambi contre M’Madi Ali, alors Directeur de Cabinet du Président Ikililou Dhoinine Chargé de la Défense. M’Madi Ali ne comprenait pas pourquoi l’ancien Président mettait toutes ses fautes sur son entourage, alors que si celui-ci était incompétent et l’avait trahi comme il le prétend, il avait largement le temps et le pouvoir constitutionnel de le congédier et de le remplacer par plus loyal et plus compétent. Pour se venger, les rédacteurs de l’article haineux avaient insulté le père de M’Madi Ali, alors que celui-ci n’a jamais fait de politique. Suite à la publication de notre tribune, l’article litigieux a été retiré du blog, dont les animateurs nous demandèrent de nous insurger également contre les attaques du RIDJA contre le père de Mohamed Bacar Dossar. Ce que nous fîmes par esprit d’apaisement, et toujours en conformité avec l’idée selon laquelle les actes publics d’un acteur politique ne doivent pas donner lieu à des attaques indignes contre sa famille. En d’autres termes, notre démarche n’avait qu’un seul but: rappeler aux politiciens comoriens que les griefs qu’on a contre un adversaire politique ne doivent pas inciter à des attaques contre sa famille.

Cela étant, il est utile de rappeler qu’une tentative de coup d’État a eu lieu aux Comores dans la nuit du 19 au 20 avril 2013. C’est un acte condamnable. Mais, il ne doit pas être un prétexte d’assouvissement de vieilles querelles politiques à caractère familial ou clanique. Au surplus, la condamnation hypocrite de cette tentative de putsch ne doit pas se transformer en manœuvre de récupération politique et d’exploitation politicienne, soit par des autorités qui ne maîtrisent pas leurs dossiers, soit par d’autres acteurs politiques qui veulent jouer le beau rôle et se mettre en valeur. Il existe des moyens plus honnêtes pour se refaire une virginité politique que de porter des accusations très graves contre toute une famille, la famille de l’ancien chef d’État Ahmed Abdallah Abderemane, qui a dirigé les Comores de 1978 à 1989, après avoir été l’artisan de la proclamation unilatérale de l’indépendance du pays, le 6 juillet 1975, ou après avoir été Président du Conseil de Gouvernement de décembre 1972 au coup d’État qui l’a chassé du pouvoir le 3 août 1975. 

Ce faisant, si son fils Mahmoud Ahmed Abdallah est soupçonné d’avoir une relation avec la tentative de putsch du 19 au 20 avril 2013, il n’est pas normal que des acteurs politiques, dont un homme d’État dirigeant le Cabinet du Président des Comores et la Défense du pays, se livrent à des attaques contre une famille. Toute stigmatisation d’un groupe social est condamnable, et quand elle touche une famille, on entre dans l’interdit social, surtout dans un pays comme les Comores, à la sociologie par trop complexe. Que celui qui n’acceptera pas qu’on stigmatise sa famille ne stigmatise pas la famille d’autrui. Nos divergences politiques, aussi profondes puissent-elles être, si tant est que des divergences politiques existent aux Comores, ne doivent pas conduire à la surenchère haineuse contre une famille.

Or, en lisant le communiqué publié ce 28 avril 2013 par Salim Ahmed Abdallah au nom de sa famille, on apprend ceci: «Nous condamnons tout particulièrement, les propos irresponsables, accusatoires, tendancieux et diffamatoires tenus par certains responsables tels: l’ancien ministre Mr Fahmi SAID IBRAHIM, l’ancien Ministre, Mr Ali Msaidie et son ami l’actuel Directeur de Cabinet à la Présidence Responsable de la Défense, Mr Ahamada Madi Bolero; qui doivent comprendre qu’ils ne sont pas au-dessus des règles et procédures de l’enquête. À l’heure où nous publions ce communiqué, aucune mise en examen ou inculpation n’a été prononcée. Nous tenons à rappeler s’il en est donc besoin que la présomption d’innocence est un principe garanti par nos lois».

Objectivement, on ne connaît à Salim Ahmed Abdallah aucune activité politique. Indigné par des attaques injustifiables et injustifiées contre sa famille, il en appelle au respect de la dignité de celle-ci. D’ailleurs, un communiqué de la Fondation comorienne en date du 25 avril 2013 a été publié, mais a été ignoré, dans un pays où chacun cherche à exploiter cette tentative de putsch pour faire couler d’autres et se placer en bonne position en cas de remaniement ministériel. Ce communiqué de la FCDH rappelle l’utilité de respecter toutes les règles de la procédure, comme le souhaite la famille Ahmed Abdallah, d’ailleurs. Mais, la classe politique comorienne est tombée à un tel niveau d’indignité et de nullité qu’on ne respecte rien. Or, même si, sur Internet, nous nous enflammons, nous savons tous que la présomption d’innocence doit être respectée et les autres droits des personnes aux arrêts aussi.

Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu depuis le 20 avril 2013? On nous dit pêle-mêle: ce n’est pas Ikililou Dhoinine qui était visé, mais Ahmed Sambi, Mouzaoir Abdallah devait être le Premier ministre du régime politique issu du putsch (Mouzaoir Abdallah!), il n’y a pas eu tentative de coup d’État mais une machination montée par Hamada Madi Boléro pour se donner de l’importance, Mouigni Baraka, Gouverneur de la Grande-Comore, est impliqué dans l’affaire, bref, tout et n’importe quoi… Toujours sans le commencement d’un début de preuve.  Mais, la haine aiguise l’imagination, malheureusement, dans un sens négatif.

Quand nous avons appris la possible implication de Mahmoud Ahmed Abdallah dans cette tentative de déstabilisation, nous avons exprimé notre surprise, nous qui connaissons la relation d’amitié, de confiance et d’estime existant entre Ikililou Dhoinine et le Colonel Cheikh Ahmed Abdallah, Attaché de Défense à l’Ambassade des Comores à Paris. Que dire de l’amitié entre le couple présidentiel et Nassuf Ahmed Abdallah, que le Président et sa femme appellent affectueusement «Hadj», et qui est Conseiller d’Ikililou Dhoinine? Si la famille Ahmed Abdallah voulait faire du mal à Ikililou Dhoinine, elle a eu 1000 occasions de le faire, notamment ce jour de février 2011, quand le Président élu était l’invité personnel du Colonel Cheikh Ahmed Abdallah dans sa résidence familiale à Montreuil, en Région parisienne. Aujourd’hui, les poisons sont tellement efficaces qu’ils ne tuent pas le jour de leur absorption, et certains parmi eux sont indétectables. C’est vous dire…

Donc, si nous cédons tous à la tentation de jouer les Sherlock Holmes, mais de manière négative, en fustigeant tel politicien ou tel autre, à la limite, même un parti politique ou une alliance entre organisations politiques, cela ne saurait concerner une famille au sens biologique du terme. Quelle que soit la famille qui sera injustement accusée, nous défendrons son droit à ne pas être stigmatisée. La famille Ahmed Abdallah est une famille d’une grande propreté morale et d’une grande dignité, une famille dont l’honneur est une réalité. C’est une famille qui ne s’appartient pas, elle qui est devenue une sorte de «famille nationale», compte tenu du rôle éminent joué dans l’Histoire des Comores par notre père à tous, le Président Ahmed Abdallah, que nous soyons d’accord avec sa politique ou pas. Respectons cela au moins. S’il existe des preuves que cette noble et respectable famille, en tant que groupe social et entité, est impliquée dans cette tentative de déstabilisation, qu’on nous les présente. Qu’on nous les présente, au lieu d’alimenter des rumeurs meurtrières qui ne grandiront personne.

© www.lemohelien.com – Lundi 29 avril 2013.

dimanche 28 avril 2013

Mariage homo et tentative de putch, par Mohamed Chaher

Mariage homosexuel à Momoju et tentative de coup d'Etat à Moroni !
Tels sont les deux événements essentiels des derniers jours aux Comores.
Le mariage gai !
Non que les législateurs comoriens ont voté une loi autorisant le mariage de deux personnes de même sexe, loin de là. C'est le parlement français qui a voté ladite loi appelée à être appliquée dans l'île comorienne de Mayotte que tout le monde, que le monde entier reconnait comme étant peuplée à 99% de musulmans, tolérants certes comme partout aux  Comores, mais musulmans croyants et pratiquants. Donc problème !
Est-ce que monsieur ou madame les maires, vous allez marier une paire de femmes ou d'hommes qui se présenteront à vous ? La loi française vous l'imposera, votre religion vous l'interdit. Laquelle des 2  lois, celle d'Allah et celle du Législateur français, privilégierez-vous en toute conscience ? je vous pose la question.
Invité de la radio Domoni Inter, Hakim A.Said, candidat proclamé à la prochaine présidentielle comorienne,  voulut contester l'interpellation d'un théologien de la place qui lui rappelait le danger d'avoir à se soumettre à la loi d'un mécréant : il vous contraint à sa loi contraire à celle de votre croyance et vous amène ainsi au parjure. Relisez donc, pour vous en convaincre, dans le Saint Coran le 23e verset de la Sourate 9, al Tawba.
Je ne sais pas si les maorais accepteraient, si on leur demandait leur avis, qu'une telle loi (sur le mariage homosexuel) s'applique sur leur sol. Un maire ( Ladjo ) a dit haut et fort que ce n'est pas lui qui s'y soumettra, cela n'est pas étonnant de sa part ! Un député ( de Liju ) a balbutié sa position sur le sujet, gêné qu'il est par son appartenance politique. Mais il ne fait pas pire que cet ancien député sarkoziste qui criait haut et fort pour que la loi sur l'interdiction du voile s'applique vite à Mayotte, au moment même où la député communiste de la Réunion insistait pour qu'on ne vienne pas, avec une telle loi, éveiller dans cette île, des démons religieux entre des communautés qui ont de tout temps vécu dans la meilleure entente possible. La loi a été votée, mais les maoraises ont désavoué leur (ancien) député en le renvoyant à sa robe noire, et en continuant aujourd'hui plus qu'hier à porter encore et toujours voile et foulard !
Voilà non seulement la contradiction, mais pire encore, le danger de l'acculturation qu'on impose à son insu, à la population comorienne de Mayotte.  

Le projet de putsch à Moroni.

Entendons-nous d'abord sur les mots : il n y a pas eu coup d'Etat, pas même "tentative", mais avortement d'un coup d'Etat en "préparation" ; ce n'est pas la même chose, bien que la condamnation doit être de la même fermeté et de la même sévèrité la sanction des fomenteurs.
Le choix des mots est important dans la situation présente car si il y avait eu tentative, les auteurs auraient été clairement identifiés, arrêtés et vite inculpés. Ce qui n'est pas le cas puisque nombreux des "arrêtés" ne sont pour le moment que "soupçonnés". D'où le long temps pris par le gouvernement pour parler du complot sans avoir jusqu'aujourd'hui dévoilé grand'chose sur les vrais responsables initiateurs. Nous attendons et espérons que rapidement toute la lumière sera faite sur cette affaire pour que la Justice puisse rapidement se mettre au  travail..
Parce que l'atmosphère causée par cette incertitude est nauséabonde. Elle autorise en effet des hommes sans foi ni loi à vilipender toute une île, toute une ville, toute une famille alors que le passé récent de ces gens-là  leur interdit de donner des leçons : que n'ont-ils pas fait contre l'unité et l'intégrité de notre pays ? à combien s'élèvent les préjudices financiers qu'ils ont causé aux caisses de l'Etat ? Certes les Comoriens aiment avoir la mémoire courte, mais cela n'autorise qui que ce soit, et surtout quand il est Directeur de ceci, SG de celà ou Chef de tel ou tel groupement à accuser sans preuve.
A moins que, comme il se chuchote, ceux-là crient fort pour détourner les regards soupçonneux qui pointent sur eux ? On aurait dit, il paraît, au président Ikililou que ses meilleurs ennemis sont à côté de lui !
Voilà en tout cas pourquoi, après avoir condamné fermement ce projet de coup d'Etat, nous réclamons que les enquêtes soient accélérées pour que rapidement TOUS les responsables de ce projet funeste pour notre pays, soient arrêtés, jugés, et punis le plus sévèrement que le permet la loi.
Car, c'est parce que courent encore et toujours des gens qui ont porté atteinte à la sûreté de l'Etat, à son intégrité et à ses finances, que des mauvais esprits sont tentés, comme eux, d'arriver au pouvoir par les mêmes pratiques.
Dans ce même Blog en 2010, je demandai dans une réflexion sur "le Crime de haute trahison", que " soient traduits en Haute Cour de Justice tous ces traîtres de la Nation, (car) c'est tout ce qu'ils méritent". La suggestion reste aujourd'hui, toujours d'actualité.

mardi 9 avril 2013

Mayotte, terre, non d'immigration mais d’émigration massive !

Je vous recommande avec insistance d'ouvrir le lien suivant : http://www.gisti.org/spip.php?article3047  ! Vous apprendrez si vous ne le saviez déjà (mais lisez tout !) que beaucoup de maorais émigrent pour chercher meilleure vie, parce que la misère est (malheureusement) présente aussi à Mayotte (n'est-ce pas Hakim A.Said ?), que cette misère n'a pas pour cause les "immigrés clandestins", contrairement à ce que clament les "responsables" politiques et administratifs dans cette 'île lorsqu'ils veulent cacher leur incapacité à répondre aux aspirations légitimes de la population maoraise. Je vous livre juste la conclusion de cette étude intéressante car sérieuse et instructive:
"On comprend dès lors mieux le rôle joué par les discours sur l’immigration massive. Les responsables politiques locaux et nationaux se trouvent ainsi dédouanés à bon compte de leurs responsabilités. Désigner le Comorien comme bouc émissaire de tous les maux permet de détourner l’attention des problèmes économiques et sociaux de l’île, des carences de l’État social, des discriminations systémiques,etc. La presse hexagonale participe de cette opération en relayant les clichés vendeurs sur l’immigration, présentée comme une « catastrophe ». Ainsi, les souffrances sociales vécues par la grande majorité des Mahorais restent ignorées, les aspirations des habitants de l’île sont passées sous silence, ce qui permet aux décisions les concernant de pouvoir continuer à se prendre loin d’eux, sans eux".

Bonne lecture !


samedi 23 mars 2013

Chasse à des enfants de l'école de Mzuwaziya (MAORE)



57 ENFANTS RETIRÉS DE FORCE DE LEUR ÉCOLE À MZOUAZIA

A Mzouazia, dans le sud de Mayotte, 57 enfants ont été retirés de force de leur école par des habitants du village en février dernier. La cause ? Leurs parents seraient des sans-papiers, originaires des Comores. Dans un message qui circule actuellement sur internet, ceux qui se présentent comme des "citoyens indignés" dénoncent le sort qui a été réservé à ces enfants et comparent cela aux "rafles" qui avaient lieu sous le gouvernement de Vichy. Cette chasse inadmissible est aussi synonyme de dérives d'une immigration incontrôlée et de fait incontrôlable

Les tensions sont vives dans le Sud de Mayotte actuellement. Il y a un mois, la population mahoraise, excédée par des cambriolages et des violences, qu'elle estime liée à la population immigrée, est montée au créneau et a décidé de se faire justice elle-même.

Des villageois ont ainsi contraints des enfants, qui seraient nés de parents originaires des Comores, à quitter leur établissement scolaire à Mzouazia. Ils sont 57 à avoir été chassés, parfois assez violemment selon des témoins, et cela malgré leurs cris et leurs pleurs, alors que les gendarmes ne seraient pas intervenus, rapporte le site d'informations Malango.

Suite à cette expulsion, les services de l'Etat ont condamné les faits, estimant qu'il est "inacceptable que des enfants aient été pris ainsi en otage parce que d'origine étrangères", a souligné Jean-Paul Frédéric, directeur de cabinet du préfet, note le site Malango. "C'est une ségrégation sévère qui relève de la loi pénale", a-t-il ajouté, précisant que "les reconduites à la frontière sont une compétence de l'Etat".

Jean-Paul Frédéric a annoncé dans le même temps que des actions ciblées "au cours desquelles les habitants vont nous indiquer où se trouvent les gens qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire seront menées". Imaz Press Réunion a contacté la préfecture de Mayotte afin que le préfet s'explique sur ces propos. Ce dernier "ne souhaite pas faire de commentaires", nous a répondu la chargée de communication.

Dans un courrier qui circule actuellement sur internet, des "citoyens indignés" comme ils se présentent, attirent l'attention sur la chasse des enfants de sans-papiers à Mayotte. "En 1940, c'était des enfants juifs que les gendarmes français du gouvernement de Vichy allaient chercher dans les écoles. A Mayotte, les sombres procédés de la France de Vichy se répètent honteusement !", écrivent-ils.

Les "citoyens indignés" interpellent le préfet et le vice-recteur de Mayotte pour que ces derniers veillent "au respect des lois françaises" et agissent "pour que de telles exactions ne se renouvellent pas". Ils rappellent entre autres que dans le code de l'Education nationale, il est écrit que "tout enfant peut être accueilli, à partir de l'âge de 3 ans, dans une école proche de son domicile si sa famille en fait la demande" et "aucune condition de nationalité ne doit être opposée et aucune discrimination ne doit être faite pour les enfants étrangers".

Par ailleurs, ces "citoyens indignés" soulignent que les "politiques aberrantes de reconduites à la frontière (26 400 en 2011 dont 6 000 enfants) ont déjà fait plus de 8 000 victimes en mer depuis la mise en place du visa Balladur en 1995". Ils estiment qu'avec "près de 35% de la population sans titre de séjour, les occupants illégaux sont chaque année un peu plus stigmatisés comme étant la source de tous les maux de l'île : l'insécurité, le manque de place à l'hôpital et à l'école..."

"A qui la faute ? Ne serait-ce pas davantage dû à des décisions politiques plutôt qu'à la présence de ces clandestins : très peu de gendarmes pour les rondes de nuit, 66 classes fermées à la rentrée prochaine, grand manque de personnels hospitaliers, d'instituteurs", poursuivent les citoyens indignés, qui s'interrogent : "Si la France s'est bâtie après la guerre avec des valeurs humanistes dont nous sommes tous si fiers aujourd'hui, pourquoi laissons-nous ces mêmes valeurs être bafouées à Mayotte ?"...

... Pour rejoindre l'île, devenue le 101e département français en 2011, des dizaines de Comoriens risquent leur vie tous les jours depuis des années à bord des kwassas, embarcations de fortune. La pression est telle que le rapport démographique a atteint des records : selon les chiffres de l'Insee (institut national de la statistique et des études économiques), 40% des quelque 212 000 habitants de Mayotte sont d'origine comorienne. La plupart sont en situation irrégulière. On estime par ailleurs que 25 à 40% des élèves scolarisés sont issus de familles de sans-papiers.

Suite à la chasse des enfants de leur école à Mzouazia, François Coux, vice-recteur de Mayotte s'était indigné : "Ce qui s'est passé est intolérable ! Tout enfant est en situation régulière dans une école". Il avait également laissé entendre que le nombre d'enfants scolarisés dans cette école dont les parents sont en situation irrégulière "est beaucoup plus nombreux que la moyenne de l'île", peut-on lire sur Malango. Le vice-recteur faisait également remarquer que les papiers nécessaires à l'inscription mentionnant tous une adresse, la plupart des familles d'immigrés devaient être hébergées, gracieusement ou contre loyer, par des familles mahoraises...

À noter qu'en juillet 2012, deux mois après l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, avait publié une circulaire interdisant le placement en centre de rétention des familles sans-papiers avec des enfants mineurs. Cette circulaire est applicable dans toute la République française, sauf à Mayotte, car, dit le ministre de l'Intérieur, il s'agit d'un "territoire qui est soumis à une pression migratoire massive".

Toujours en juillet 2012, les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Outre-Mer ont envoyé un haut fonctionnaire, Alain Christnacht, pour dresser un état des lieux de la situation à Mayotte. Sur la base de son rapport rendu en octobre le gouvernement français avait annoncé en décembre 2012 que les moyens juridiques et matériels de lutte contre l'immigration irrégulière à Mayotte allaient être renforcés.


Lu dans : Blog de Wongo

Sans commentaire !!!!

Honteuse chasse aux clandestins à Mayotte - Les dérives d’une immigration incontrôlée

lundi 18 mars 2013

Lettre au ministre français de l'Intéieur

Moroni 11 mars 2013

Son Excellence Manuel VALLS
Ministre de l'Intérieur,
Place Beauvau,
75800 Paris Cedex 08

Monsieur le Ministre,

Les personnalités comoriennes soussignées ont le plaisir de vous transmettre, pour analyse et appui, copie de la lettre qu'elles ont adressée le 15 mai 2012 à Monsieur François HOLLANDE, Président de la République Française, portant pour l'essentiel sur l'épineuse question de l'île comorienne de MAORE.
Cette question, qui n'a que trop duré, empoisonne les relations d'amitié et de fraternité entre la FRANCE et les COMORES, relations de près de 2 siècles, entraînant une condamnation quasi permanente de la France par la Communauté Internationale.
Monsieur le Président HOLLANDE a bien voulu répondre à cette lettre le 20 février 2013, mais a jugé que le moment n'est peut-être pas encore venu pour évoquer cette question douloureuse.
Pourtant, depuis l'instauration de ce que nous qualifions de visa de la honte, " le fameux VISA BALLADUR ",  pour une stratégie purement électoraliste, notre peuple connaît des drames humains sans précédent ; plus de 10 000 (?) comoriens ont perdu la vie dans ce qu'on appelle " le plus grand cimetière marin du monde " c'est-à- dire entre NDZUWANI et MAORE, leur seul tort étant de vouloir circuler librement à l'intérieur de leur pays.
Monsieur le Ministre, nous savons que vous faites partie de cette jeune génération d'hommes politiques français qui n'ont pas connu la colonisation et ses méfaits.
Nous savons également que vous êtes membre d'un parti politique qui a condamné et dénoncé en son temps l'occupation illégale des Comores par la France, qu'il s'agisse de François MITTERAND, alors sécrétaire général du parti socialiste ou des instances dirigeantes de ce parti.
A notre grand regret, les faits sont têtus, nous avons attendu en vain un signal d'apaisement du gouvernement du Président MITTERAND, signal qui n'a jamais pris le chemin de Moroni.
Monsieur le Ministre, nous pensons que l'heure de la vérité a sonné et pour que les responsables avisés tel que vous, puissent aborder sereinement avec nous ce problème qui nuit à l'image de la France dans le monde.
Veuillez, Monsieur le Ministre, croire à nos sentiments les meilleurs.

Signé :

Ali Mroudjae,
ancien Premier Ministre.
Abdallah Halifa,
ancien Président de l'Assemblée Fédérale.
Said Hassane Said Hachim, 
ancien Ministre d'Etat aux Affaires Etrangères.
Dr Mouhtar Ahmed Charif,
ancien Ministre des Affaires Etrangères.
Ali Mlahaili,
ancien Ambassadeur des Comores à Paris.
Colonel Abdourazak Abdoulhamid,
ancien Président de la Cour Constitutionnelle.

samedi 9 mars 2013

Hymne au grand Balladur, par Aboubacar S.Salim


Merci Grand Balladur de nous aider à mourir entre Anjouan et Mayotte par milliers.
Que deviendrions-nous sans ton visa, oeuvre utile pour résoudre le dilemme du surpeuplement, doucement loin des bruits, des mitraillettes, des roquettes et des bombes comme partout ailleurs en Afrique
Merci Grand Balladur de nous aider à résoudre le problème épineux des cimetières insuffisants pour enterrer nos morts du palu, du sida, du ver solitaire, du cholera et du mal manger
Adorable Balladur tu as inventé un nouveau mode pour conserver les mémoires de nos morts, entre les cendres et l’humus, tu as crée le requin tombeau qui évolue maintenant à coté du requin marteau
ô frères japonais, qui êtes si friands de requin, vérifiez bien, avant de vous régaler, si vos suchi ne sont pas aux orteils de Comoriens, surtout si le squale vient de l’océan indien
Aboubacar Said Salim poète, chroniqueur, nouvelliste et romancier

samedi 2 mars 2013

HAKIM ALI SAID, Président des Comores ! qui parle de piège ???



Je vous livre ci-joints 2 liens concernant la candidature annoncée de  Hakim Ali Said ; écoutez, lisez et vous saurez si il y a ou non, derrière, un piège à....cons, oui, à cons !!!
Nous analyserons plus tard ces documents pour dire ce que nous en pensons.

MOHAMED CHAHER S Massonde.,

https://soundcloud.com/yao-fm-106-2/hakime-ali-sa-d-25-f-vrier  : interview de Hakim A.S.


http://www.malango-actualite.fr/ :  "la tournante de la discorde ou la drôle de tragédie"