vendredi 31 mai 2013

LA TOURNANTE OU QUAND UNE ÎLE S’ACCAPARE DE TOUS LES POSTES par LAILA Said Omar


Tout le monde dit que le système de la présidence tournante est perfectible. Mais qu'il est le moins mauvais que nos vaillants politiques ont pu dénicher pour calmer les ardeurs indépendantistes des uns et démasquer les caprices des autres. Le mot d'ordre de ce système est que tout le monde aie sa part du « gâteau » ! Mais pas que chaque île s'accapare de tout le « gâteau ».
Toutes les îles présideront le pays, à tour de rôle. Soit, si cela peut maintenir l'unité nationale et l'intégrité territoriale. Sauf que dans la pratique, non seulement l'île à qui revient le tour de présider le pays nous livre le président et ses proches collaborateurs mais aussi, et cela n'est prévu nulle part par la constitution, elle s'accapare sans sourciller de tous les grands postes de la haute administration et des sociétés publiques et parapubliques pendant la durée du mandat. Une pratique qui fait fi aux compétences et  occulte les véritables personnalités des heureux élus.

Avec qui on gouverne ?

C'est ainsi qu'on raconte que le président Assoumani Azali n'a gouverné qu'avec des Wangazidja et le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi avec sa famille et des personnes de son quartier de Shitsangani. Et tournante oblige, le président Ikililou Dhoinine n'échappe pas au phénomène. Il semble l'aggraver. Chaque jour se lève avec son lot de nominations des personnes originaires de Moheli. Principalement, si ce n'est exclusivement, des natifs de Djoezi. Des parents du président ou de son épouse. C'est criant. C'est même scandaleux quand on sait que nombre de ces nouveaux « récipiendaires » n'ont pas les capacités requises pour  les postes qu'ils occupent. C'est un natif de djoezi qui l'écrit tous les jours dans son site internet.
De Comores Telecom à l'Aéroport International de Hahaya, en passant par l'Autorité portuaire à l'ONICOR pour ne citer que cela, le président s'emploie à placer ses congénères.  L'île de Djoumbé Fatma en général et Djoezi en particulier, semblent devenir un terreau des diplomates où le président et son ministre des affaires étrangères puisent sans compter pour irriguer nos chancelleries à travers le monde. Et alors, dira-t-on ! Le président Sambi et Ahmed Djafar, son ministre des relations extérieures, n'avaient-ils pas agi de la sorte en ne nommant que des membres de leurs familles dans nos ambassades ?

Trop c'est trop !

Certaines mauvaises langues disent que les moheliens, qui représentent 5% de la population comorienne, occuperaient aujourd'hui plus de 80% des postes les plus prestigieux de l'Etat. A prendre avec des pincettes bien sûr. Seulement si on le dit, c'est que quelque part cela commence à faire un peu trop.
Il est temps qu'on réfléchisse sérieusement comment arrêter ce que d'aucuns appellent « l'insularisation » des régimes engendrée par la présidence tournante.
Il est plus qu'urgent que la loi devant déterminer les matières où le contreseing des vice-présidents est requis soit votée et qu'on associe le parlement à la nomination aux postes les plus prestigieux de l'Etat, comme ceux des directeurs des sociétés d'état et des ambassadeurs.

Laïla Said Omar
COMORESplus


source : comoresplus.over-blog.com

mardi 28 mai 2013

L’homme d’État comorien dans le cimetière de l’oubli, par Dr Abdelaziz Riziki M.


La trace perdue de l’acteur politique dans un pays à la mémoire mutilée

 Les autorités que vous ne voyez pas n'ont pas de photos disponibles sur le net...                      (note de l'auteur)
 


Alain Deschamps a été Ambassadeur de France aux Comores de 1983 à 1987. Sur Saïd Mohamed Djohar, il a écrit notamment: «Pendant son mandat, les citoyens comoriens assistèrent à la gestation, de plus en plus difficile, et à la mort rapide de gouvernements sans cohésion. Salim Himidi a relevé la succession chaotique de"dix-huit équipes gouvernementales et 200 nominations ministérielles en cinq ans"» (Alain DESCHAMPS: Les Comores d’Ahmed Abdallah. Mercenaires, révolutionnaires et cœlacanthe, Karthala, Collection «Tropiques», Paris, 2005, p. 173). Sur le même Président, la journaliste Sitti Saïd Youssouf a écrit: «Selon un membre de l’ancien gouvernement,"il faudrait le surveiller 24 heures sur 24 pour l’empêcher de changer d’avis au rythme de visites de ses proches". Les folles heures des 18 et 19 juillet[1993] sont révélatrices: elles ont vu plusieurs décisions contradictoires: dissolution spectaculaire de l’Assemblée, confirmation du soutien présidentiel à l’ex-Premier ministre Saïd-Ali Mohamed, destitution de celui-ci quelques heures plus tard au profit d’Ahmed Ben Cheikh – prié en vain de démissionner le même jour – tentative de rétablissement du Parlement [...]» (Sitti SAÏD YOUSSOUF: Comores. Législatives de tous les dangers, Le Nouvel Afrique Asie n°49, Paris, octobre 1993, p. 31.).

La dramaturgie politique qu’Alain Deschamps et Sitti Saïd Youssouf agitent sous le nez du lecteur est tragiquement intéressante. Cependant, le citoyen lambda, l’observateur et le chercheur n’auront pas la chance d’avoir sous leurs yeux la liste impressionnante de ces gouvernements furtifs et à la petite semaine (cela ne s’invente pas), constitués de ministres à la sauvette. En plus, Papadjoe est non seulement le pionnier de la «Oumra gouvernementale», ces gouvernements qui durent le temps d’un petit pèlerinage, mais a encore innové, en instaurant le mandat le plus court pour un Premier ministre: moins d’une journée. Le record mondial de tous les temps.

Mais, de ces exotismes politiques très épicés, on ne sait où en trouver la trace. Cette trace n’existe plus. Nulle part. Or, ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est la disparition de toute trace, dans l’Histoire, de l’homme d’État comorien. Aujourd’hui, sur Internet, on a la liste complète des membres de tous les gouvernements de la République française. La biographie de ces hommes d’État est également disponible. De même, sur le «Portail national du Maroc», on dispose de la liste et des dates de nomination et de remaniement de tous les gouvernements marocains. D’autres exemples nationaux pourraient être cités, et les Comores n’en font pas partie.

Aux Comores, rien n’est fait pour préserver le souvenir des hommes d’État. À Anjouan, on oublie que Boudra Halidi et Anfane Mohamed ont été Gouverneurs de l’île. À Mohéli, d’Ahmed Mattoir, ancien Gouverneur, on ne connaît que le Stade de Fomboni, qui ne porte son nom que de manière officieuse et symbolique, sans pancarte, ni panneau. À la Grande-Comore, rien n’est fait pour rappeler la grande expérience politique de l’Homme d’État Saïd-Hassan Saïd-Hachim, à qui on doit consacrer une biographie. Abdou Djaha, Abdou Moustakim, Ali Nassor, Mouhtar Ahmed Charif, Saïd Kafé et d’autres ont été ministres, mais on l’«oublie». Mouzaoir Abdallah, lui aussi, vaut une immense biographie, mais il n’y a personne pour y penser.

En réalité, la responsabilité de cette mutilation de la mémoire est partagée. L’État comorien est le premier à oublier ses serviteurs, bons ou mauvais. Ensuite, les familles des hommes d’État entourent leurs chers disparus d’une chape d’airain à laquelle elles voudraient attribuer une impossible respectabilité, une déification qui serait la conséquence logique d’une politique d’exaltation du culte de la personnalité. De fait, quand l’historien Mahmoud Ibrahim consacre une grosse Thèse de Doctorat (565 pages) à Saïd Mohamed Cheikh, il se trouva en désaccord profond avec la famille de l’ex-Président du Conseil de Gouvernement, qui refuse de voir en ce dernier le moindre défaut politique. Or, cette Thèse a obtenu la Mention Très Honorable (la plus haute) et les Félicitations du jury. L’attitude hostile des familles des hommes d’État rebute les chercheurs. D’autres biographies auraient été possibles, mais les universitaires comoriens ont peur du vide scripturaire qui entoure la vie d’hommes d’État comoriens qui n’écrivent pas, ainsi que les risques de procès pour diffamation au cas où la vérité scientifique obligerait à écrire certaines réalités. L’acteur politique comorien lui-même n’est pas généreux envers lui-même au regard de l’Histoire, puisqu’il n’écrit rien sur son parcours politique. Les Mémoires d’autoglorification de Saïd Mohamed Djohar valent mieux que l’absence d’écriture de la part des autres hommes d’État comoriens. D’ailleurs, il faudra que les documents remis à Saïd Abasse Dahalani et qui ont permis la rédaction de ces Mémoires soient remis au CNDRS, et que leurs copies puissent être à la disposition des chercheurs.

Aujourd’hui, il est plus facile de consulter le fameux «J’accuse» qu’Émile Zola a publié le jeudi 13 janvier 1889 pour défendre le Capitaine Alfred Dreyfus, d’écouter ou lire le Discours que François Mitterrand a prononcé devant le Monument de la Révolution à Mexico le 20 octobre 1981 («Discours de Cancun»), ou encore son fameux Discours de La Baule du 20 juin 1990, que le Discours par lequel le Président Ahmed Abdallah Abderemane avait proclamé l’indépendance des Comores le 6 juillet 1975. Au Maroc, tous les discours, interviews et déclarations publiques du Roi Mohammed V au Roi Mohammed VI, en passant par Hassan II, sont publiés chaque année par le ministère de la Communication. Aux Comores, par contre, la méchanceté des Présidents est poussée à son paroxysme quand, le 6 juillet de chaque année, ils célèbrent l’indépendance du pays tout en faisant tout pour occulter le nom de son artisan: Ahmed Abdallah Abderemane, dont seul Moussa Toybou, Gouverneur d’Anjouan en 2007-2010, rappelait le souvenir. Que son nom soit donné au Port de Mutsamudu – enfin – ne change rien à l’ingratitude des vivants envers les morts qui les ont précédés.

Au cours de la campagne en vue des élections présidentielles d’octobre et décembre 2010, j’ai personnellement demandé aux entourages de certains candidats, y compris à celui d’Ikililou Dhoinine, de conserver tous les discours prononcés, pour en garder une trace dans l’Histoire, mais on ne prend pas au sérieux les élucubrations d’un petit chercheur. Début juin 2011, quelques jours après l’investiture d’Ikililou Dhoinine, j’ai réitéré la même demande, mais en ce qui concerne les souvenirs du passage de ce dernier à la tête de l’État, mais la personne à qui j’ai demandé cela me considère depuis longtemps comme un dangereux pestiféré qu’il ne faut pas fréquenter et prendre au sérieux. Auparavant, le 14 février 2011, je lui avais parlé de tout ça, notamment pour constituer un petit musée, mais comme la personne qui a proposé l’idée est déplaisante, forcément sa proposition devrait l’être.

En 2002, le Docteur Mahmoud Ibrahime publiait le livre La Naissance de l’élite politique comorienne (1957-1975), chez l’Harmattan, à Paris. Les écrivains comoriens devront penser aux politiciens de la période actuelle aussi, mais, une fois de plus, la peur d’écrire ce qui ne plaira pas aux intéressés et à leurs familles prédomine. Un Lycée qui a perdu sa vocation de creuset national, un Aéroport international et un Port sont les seuls édifices publics portant le nom d’une personnalité politique aux Comores. Il s’agit respectivement de Saïd Mohamed Cheikh, Saïd Ibrahim et Ahmed Abdallah. C’est insignifiant.


L’homme d’État comorien est devenu une goutte d’eau sur le sable, un vent qui souffle dans le désert, un nuage qui disparaît après avoir voilé le soleil et permis des gouttes de pluies, une anguille de la rivière Gnombéni, à Djoiezi, qu’on essaie d’attraper à la main. Dans tous les cas cités, il ne reste pas de trace de l’acteur et de l’événement.

ABDELAZIZ Riziki Mohamed.




Scandale sur le tarmac de Moroni, Mur Balladur



Scandale sur le tarmac de Moroni


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Nous nous inquiétions des effets de ce Mur Balladur, sciemment construit entre une rive et une autre d’un même archipel, afin de sécuriser l’occupation française à Mayotte. A présent, nous nous interrogeons sur le sens du dispositif de fouille initié à même le tarmac de Moroni Hahaya par les autorités françaises. Où il est question d’humiliation et de souveraineté…
A l’aéroport du Prince Said Ibrahim, les passagers du vol Air Austral, vers Mayotte, la Réunion et la France, ont droit à un régime spécial de contrôle des passagers, désormais. Ils subissent d’abord une fouille selon des règles émises par la direction de l’aéroport elle-même, afin (peut-être) de satisfaire aux normes du 11 septembre. Scan de bagages à main et passage de portique sécurisé, en étant souvent pieds nus et sans ceinture, le tout suivi d’une petite fouille au corps par machine interposée, avec bras levés en hauteur comme dans les bons films des singes d’Hollywood. Auparavant, bien sûr, les bagages, partant en soute, auront été passés sous un autre scan, à l’enregistrement, comme dans nombre d’aéroports, ailleurs. Pour éviter le pire d’une situation que personne n’imagine encore possible en cet archipel, malgré le spectre re-brandi de Fadhul. Une fois ce contrôle effectué, les passagers entrent ensuite en salle d’embarquement, où ils comptabilisent gentiment leurs minutes d’attente, avant d’embarquer.
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Lorsqu’on les appelle pour monter dans l’avion, les passagers se retrouvent à nouveau pris dans un dispositif de sécurité, imposé pour les seuls vols en direction des territoires français, avec une équipe spécialement envoyée de Paris ou de la Réunion ( ?), qui reprend la fouille par le début, annulant de cette sorte les efforts consentis par les autorités comoriennes elles-mêmes. Les passagers ont à reconnaître leurs bagages partant en soute à nouveau, à ouvrir leurs bagages en main pour que l’on en vérifie le contenu, à repasser à la fouille au corps bras levés. Avec une petite note de romanesque inespéré pour ceux qui sauront apprécier cette geste, c’est que tout se passe sur le tarmac même, en plein cagnard. Comme si l’on voulait signifier aux équipes de l’aéroport du Prince Said Ibrahim qu’elles ne sont pas fiables, en matière de sécurité. Une triple humiliation, de fait. Et pour l’autorité de l’aéroport, dont les efforts en la matière sont mis en doute ; et pour le passager estomaqué, que l’effet de surprise empêche de réagir, sur le moment ; et pour l’Union des Comores, dans la mesure où un état étranger, la France, s’autorise ainsi à débuter les limites de l’Europe depuis le sol comorien.
Peut-on encore parler de souveraineté nationale ? Hahaya étant à Moroni, la question mérite d’être discutée. Cette action menée par une police (?) étrangère sur le tarmac du Prince Said Ibrahim, inspirée par des lois françaises, a-t-elle vraiment été discutée en haut-lieu par nos dirigeants ? Un agent comorien de l’aéroport, assurant la sécurité de ceux qui sont venus mettre en doute le travail de ses propres collègues, a expliqué à un journaliste de la place qu’il ne devait pas filmer la situation dans l’idée d’informer l’opinion, parce qu’il risquait, du coup, de le faire congédier de son poste.
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Cinq minutes plus tard, le même agent regardait tranquillement un officiel du département français de la Seine Saint-Denis, venu, semble-t-il, aider les Comores sur des projets  communautaires (?), filmer la scène, librement. Lui aurait-on demandé, à cet agent, d’empêcher le travail d’information de ses concitoyens, journalistes soient-ils, et de laisser les hôtes étrangers se repaître de nos humiliations, qu’il ne s’y serait pas pris autrement ! Précisons que ces contrôles ont lieu ici sous le regard  zélé d’un « commandant » (les agents de l’aéroport l’appellent tous ainsi) français et agent du STIPS (police européenne), coordonnant ces opérations à l’aéroport de Moroni Hahaya, un peu comme s’il était en territoire conquis, puisqu’aucun officier comorien de la PAF comorienne ne l’encadre dans ses faits et gestes. A se demander si nous disposons encore d’une autorité compétente sur ce plan ?
D’ailleurs, il est une énigme dans cette affaire. S’il s’agit du même « commandant », d’un dispositif à l’autre de ce « process » de sécurisation inhabituel, pourquoi faut-il deux opérations de fouille pour s’apercevoir que les Comoriens ne promettent aucune catastrophe au monde ? Ce « Monsieur » serait français (ils insistent sur la nationalité) selon les agents de l’aéroport, qui le craindraient pour cette même raison ! La France étant cette « terre-amie », nous empêchant de circuler dans notre propre pays et, au passage, vers l’Europe, il serait intéressant de saisir le message contenu dans cette opération de fouille particulièrement humiliante ? A Air Austral, les agents, eux, sont formels. Si les passagers subissent ce désagrément (être traités comme de vulgaires terroristes en leur pays pour beaucoup), dans des « conditions atroces » ajoutent-ils (sur le tarmac en plein soleil), c’est bien parce que l’Etat comorien le veut bien.
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A même ce tarmac, la semaine passée, un agent d’aéroport a voulu se risquer au jeu du commentaire désobligeant : « Ça se pourrait bien que ce soit la faute au directeur de l’aéroport, qui ne sait plus pour qui il travaille, mais en vérité c’est la faute à l’homme qui préside ce pays, qui ne sait plus pour quel peuple il bosse ». Son excellence le président Ikililou Dhoinine aurait-il signé de nouveaux accords en ce sens ? Du visa Balladur à la fouille de trop, le renoncement à l’intégrité de pans entiers du territoire national interroge le petit citoyen sans défense. D’un mur à l’autre, le désarroi ! En plus de cette autre question, qui survient. Comment les Comoriens de France, durant leurs prochaines vacances dans l’archipel, vont-ils la vivre, cette affaire de fouille qui bafouille ? Se résigneront-ils à passer le portique virtuel du tarmac de Moroni comme de vulgaires passants dépités ou s’en prendront-ils injustement aux équipages aux sols avec mépris, à défaut de pouvoir interroger leur écartèlement entre deux nations soudées par le même esprit d’humiliation ?
Difficile pour nous de dire de quoi il retourne, exactement. Mais nous restons persuadés que quelque chose se passe en cet archipel que nous ne nommons pas encore. Il y sera question de souveraineté perdue pour un état défroqué, mais pas seulement. Il appartiendra surtout aux Comoriens, dans leur ensemble, de nous dire ce qu’il faut penser de cet état d’humiliation permanente vécu par un pays indépendant toujours sous tutelle ? Y a-t-il encore un « chez nous » qui vaille la peine d’être questionné sur le tarmac de Moroni ?
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Frontière semi-virtuelle, le Mur Balladur divise l’archipel depuis 1995 en une équation à 3+1, autorisant à penser que les limites de l’Europe commençaient à Mayotte, malgré les résolutions et les condamnations internationales. Avec ce dispositif sécuritaire d’un type nouveau, prenant appui sur le plan Vigipirate crée en 1978 sous Giscard d’Estaing, réactualisé depuis, les limites territoriales françaises commencent à Hahaya.


dimanche 19 mai 2013

Pourquoi il faut maintenir la présidence tournante, par Saïd Abdillah Saïd-Ahmed, Animateur du Mouvement Comores Alternatives





 Depuis l’indépendance des Comores, le pays a connu au moins cinq Constitutions. Aucune n’a aidé au développement et à la stabilisation de notre jeune État. Aucun pays au monde ne possède une Constitution parfaite. Mais, la plupart des pays ont su améliorer les leurs, en procédant à des retouches, mais tout en gardant l’essentiel, évitant ainsi la fossilisation et la momification de la Loi fondamentale. En France, Charles de Gaulle a fait adopter la Constitution de la Cinquième République le 4 octobre 1958. Elle ne fut pas la plus parfaite mais a su mener la France à la stabilité, et a mis fin à la partitocratie et à son corollaire, l’instabilité.

     Aux Comores, l’instauration de la présidence tournante entre les îles par la Constitution du 23 décembre 2001, sous la pression des séparatistes, a au moins permis à notre pays de connaître une stabilité institutionnelle et politique, même de manière relative. Ce n’est ni la meilleure des Constitutions, ni la plus démocratique, mais elle est arrivée à stabiliser notre pays. Or, tous les développementalistes le disent: la base de tout développement économique et social est la stabilité. La présidence tournante fut imposée par les séparatistes et soutenue par ceux qui luttent pour le démantèlement des Comores en tant qu’État uni. Certains l’ont acceptée, en espérant pouvoir la contourner, et d’autres pour mieux l’exploiter. Pourtant, le constat est visible: elle a permis la stabilité et l’alternance démocratique dans notre pays. Mais, comme tout remède, elle a des effets indésirables. Il nous appartient d’en diminuer les inconvénients, tout en gardant l’essentiel. On ne peut pas revenir en arrière car cela aurait marqué un manque de maturité de notre part.

     La présidence tournante favorise-t-elle le séparatisme insulaire?

     Les détracteurs du système de la présidence tournante – et, ils sont nombreux – l’accusent de favoriser le séparatisme insulaire. L’Histoire de l’État comorien est relativement courte, et bien connue de tous. On n’a pas besoin d’être spécialiste de l’Histoire des Comores pour savoir que le séparatisme insulaire est né avant l’instauration de la présidence tournante par la Constitution du 23 décembre 2001. Cette dernière est adoptée pour mettre fin au séparatisme. Les problèmes du séparatisme, pour ne pas dire les causes, ne sont pas uniquement dans le partage du pouvoir entre les îles, mais aussi et surtout dans la répartition des ressources ou avantages de l’État. La présidence tournante ne pourra pas résoudre tous les problèmes et calmer tous les ressentiments des uns et des autres. En même temps, grâce à elle, tout Comorien, quelle que soit son île d’origine, peut espérer un jour diriger son pays. Au fond, les méthodes de gestion de pouvoir n’ont pas changé. Sans qualification, ni expérience, les membres de la famille du chef de l’État et les natifs de son village ou de son île d’origine sont au premier cercle du pouvoir, et cela soulève la réprobation de population. On en prend prétexte pour accuser la présidence tournante de népotisme et d’insularisme, alors que ces pratiques ont toujours existé aux Comores, et n’ont pas besoin de la présidence tournante pour leur consolidation et leur pérennisation.

     La présidence tournante et l’avènement d’un chef d’État originaire de Mohéli

     On daube partout, aux Comores comme à l’étranger, sur le danger de la présidence tournante, en mettant en exergue la «mohélisation» du pouvoir par Ikililou Dhoinine. Cette «mohélisation» est sujette à caution et la question est très simple: pour la première fois de l’Histoire, les Comores ont un Président originaire de Mohéli, et celui-ci a parmi ses collaborateurs des Comoriens de toutes les îles, y compris de Mohéli. On voit des Mohéliens là où on n’a pas l’habitude de les voir. Or, la présidence tournante est présentée, pour le moment, par certains Comoriens, comme l’occasion offerte à leur île de naissance de diriger le pays. C’est une étape de notre démocratisation en devenir, et elle doit évoluer. La gestion de notre pays incombe à chaque enfant comorien, quelle que soit son île de naissance. La présence visible des certains responsables originaires de Mohéli ne doit ni nous effrayer, ni nous inquiéter, tant que ceux-ci ont les compétences requises. Il est parfois étonnant d’entendre ceux qui ont dirigé le pays hier avec leurs familles et amis crier au népotisme mohélien. Il y a même ceux qui ressuscitent la pratique du coup d’État, juste pour revenir au pouvoir. Il est, certes, difficile d’oublier les avantages et prestiges inhérents aux postes politiques, et l’impunité qui en découle. Mais, l’appétit de pouvoir des uns et des autres, ne doit pas remettre en cause un système qui a pu nous stabiliser.

     Et cette présidence tournante revendiquée par certains à Mayotte?

     Depuis le mois de janvier 2013, on nous parle de l’éventuelle échéance mahoraise de la présidence tournante. Ici, il n’est pas question de demander si l’île comorienne de Mayotte est libérée ou non. Chaque Comorien connaît la politique suicidaire des dirigeants comoriens d’hier et d’aujourd’hui sur la question de Mayotte. À défaut de mener un combat républicain au niveau national et international, on nous appelle, on nous harcèle, on nous étouffe par un «patriotisme» qui ne saurait être incarné que par certains, même par ceux qui ont déjà trahi leur pays. Chaque Comorien souhaite le retour de Mayotte dans son giron national et naturel. Mais, est-il prêt à accepter l’impunité partout, jusqu’au somment de l’État? On ne peut pas jouer ou prendre à la légère les questions liées à l’intégrité territoriale et à l’unité de notre pays. Si les séparatistes anjouanais n’ont pas été jugés, après avoir pris en otage une partie de notre territoire national, comment pouvons-nous vivre ensemble et évoluer dans la bonne direction? Ce sont des manquements très graves, que nos dirigeants doivent reconnaître. On ne peut pas laisser croire qu’on va appeler l’Union Africaine et d’autres entités étrangères chaque fois qu’il s’agira de libérer une île prise en otage par des séparatistes, et après, ne pas juger les preneurs d’otages. Si le séparatisme anjouanais a été très déstabilisant pour notre pays et a fait des victimes humaines, celui de Mayotte est pire. Le séparatisme mahorais est la source des déstabilisations permanentes des Comores. La tentative de coup d’État du 19 au 20 avril 2013 en est le dernier exemple. Les Comores ne connaîtront jamais la stabilité tant que Mayotte est sous occupation française. On ne veut pas citer les 16.000 morts de l’océan Indien, entre Anjouan et Mayotte, les milliers de portés disparus, que nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ignorent et méprisent, dans une indifférence totale. Ils font semblant de crier à l’occupation française quand ils sont dans des endroits inaudibles. Mais, dès qu’ils rencontrent l’occupant, ils le cajolent par de belles paroles rassurantes. Ils se disent qu’ils trompent le peuple comorien, mais au fond, ils se trompent eux-mêmes. Ils ne sont pas crédibles au niveau national et sont ridicules au niveau international. Comment un Algérien peut-il faire une campagne électorale, en Algérie, pour qu’un Harki devienne Président de la République? En France, après la Libération, en 1945, la plupart des collabos ont été fusillés, souvent sans jugement. Il ne faut pas qu’on fasse oublier, surtout à nos enfants, les trahisons de ceux qui ont favorisé et soutenu l’occupation de notre île par la France. Crier et nous dire qu’en guise de remerciement et de reconnaissance de leur trahison et de leur collaboration avec la puissance qu’ils sont censés combattre du fait de l’occupation de Mayotte, cela relève de l’irresponsabilité, surtout s’ils revendiquent la direction du pays.

     La présidence tournante de 2016: enjeux et interrogations

     Je ne le dirais jamais assez: l’un des avantages de la présidence tournante réside dans la stabilité. Pour la première fois de notre Histoire, des hommes et des femmes se préparent pour participer aux élections présidentielles de 2016. Ce sont des ambitions qui doivent donner plus d’espoir aux Comoriens qu’au moins cette fois, on assiste à la préparation d’une équipe, d’un projet de société pour le développement de notre pays. Cela fait, même de jaloux, et attire certains hommes et femmes politiques originaires de l’île comorienne occupée par la France. Comme ils savent qu’ils ne peuvent même pas prétendre, hier à un poste de Député, et aujourd’hui à la fonction de Président de la République française, la présidence tournante des Comores leur offre des espoirs impossibles ailleurs. Mais avant de vouloir diriger les îles indépendantes, il faudra que ceux qui vivent sous l’occupation dénoncent celle-ci et s’engagent à la combattre. C’est pourquoi, nous soutenons que:

- La présidence tournante est une justice pour les îles et non pour une catégorie particulière de personnes. Il faudra donc reconnaître à chaque enfant Comorien le droit de se porter candidat dans l’île où aura lieu la présidence tournante, quelle que soit son île de naissance, comme le permet la Constitution du 23 décembre 2001.

- Les postes de vice-présidents doivent être supprimés, afin d’alléger les charges de l’État et éviter les conflits de personnes au sommet de l’État.

-       La politique gouvernementale doit être dirigée par un Premier ministre issue de la majorité parlementaire.

    Ce sont là certaines des conditions de stabilité de notre pays et d’équilibre du pouvoir. Le régime politique semi-présidentiel est le mieux indiqué par sauver notre pays du népotisme ou des pratiques irresponsables des dirigeants comoriens.

©www.lemohelien.com– Le 15 mai 2013.

mardi 7 mai 2013

Un putsch pour mieux bâillonner le président Ikililou ? par ABDOU AHMED


Ce que je crois ... à propos du putsch avorté ! Compte tenu de la conjoncture actuelle relativement à la question de l'île comorienne de Mayotte, il n'est pas hasardeux, nous semble t-il, de s'interroger sur la nature du putsch avorté du 20 avril 2013. Et si c'était un vrai faux putsch programmé pour échouer ? Et si les commanditaires supposés ne sont que des apprentis politiciens naïfs, à la culture (géo)politique très limitée, victimes collatéraux d'un combat qui les dépasse ? Et si ce putsch, comme l'annonce du retour de Mohamed Bacar, comme le réveil de l'OPIA réclamant l'indépendance d'Anjouan, et d'autres évènements de la même veine, déjà connus ou à venir, procédait de la même logique ? Et si tout cela n'avait, in fine, pour but que de garroter le président Ikililou ? L'enjeu est de taille et les moyens forcément conséquents.
Après la collectivité territoriale, la collectivité départementale, le DOM, le PTOM, Mayotte est programmée pour devenir RUP (Région ultrapériphérique de l'Europe) en janvier 2014 (voir document ci-après), c'est-à-dire quelques mois après l'Assemblée Générale de l'ONU en septembre 2013. D'ici là il faut le silence radio sur ce sujet, car l'arme principale de la France est l'inaction des autorités comoriennes. En invoquant chaque fois sa constitution dans cette affaire, la France n'ignore pas que la charte de l'ONU, qui est un des textes fondant le droit international, a valeur de Traité une fois signée et ratifiée par un pays. À ce titre elle a une force supérieure à la constitution nationale. Elle sait surtout que tant que la partie comorienne ne se plaindra pas, aucun pays, européen ou non, ne prendra le risque d'entrer en conflit avec elle pour une cause qui n'est pas la sienne.
Il n'est pas impossible donc, que soit appliquée au président IKI, la version politico-diplomatique du pompier pyromane : on inspire un putsch, quitte à sacrifier quelques individus ; les Renseignements Généraux communiquent l'information aux services du président comorien, à temps, pour faire échouer ledit putsch. Le message subliminal envoyé étant celui-ci : votre vie et votre pouvoir ne sont rien sans nous, soyez donc notre obligé ! L'histoire nous apprend que chez les nations pompeusement qualifiées de policées, on hésite pas, parfois, à sacrifier des citoyens, les leurs ou d'ailleurs, au nom de la " raison d'Etat " ou de l'intérêt supérieur de la nation" ; des termes emballages qui, très souvent, cachent une réalité inavouable.
Rappelons-nous ! Chaque fois qu'une décision importante sur l'évolution du statut de Mayotte devait être prise, il se trouvait, comme par hasard, un os à croquer jeté dans la cour de la partie indépendante du pays, pour occuper ou préoccuper la population pendant que l'essentiel se produisait ailleurs. Un de ces os, le plus coriace, probablement, étant le séparatisme anjouanais qui, comme par hasard, a connu son dénouement fin décembre 2001, cependant qu'une loi française (n° 2000-391) « organisant une consultation de la population de Mayotte » a été votée en mai 2000 et une autre loi, érigeant Mayotte en "collectivité départementale", en juillet 2001.
Rappelons-nous ! Jusqu'en 1994, une Résolution était votée chaque année par l'AG de l'ONU, condamnant l'occupation de l'île comorienne de Mayotte par la France. Quoique n'ayant pas force exécutoire (contrairement aux Résolutions du Conseil de Sécurité), ces Résolutions entachaient l'image de la France, qui a tout fait pour les empêcher. Elle y a réussi, depuis 1995, de la façon la plus intelligente possible : aux yeux de tous, c'est la partie comorienne qui renonce à les solliciter. Mais puisqu'il faut continuer à amuser la galerie, on fournit aux différents présidents comoriens des balles à blanc, à faire exploser à la tribune de l'ONU. Une balle à blanc est en tout point semblable à une balle réelle. Elle fait du bruit comme la balle réelle, mais ... elle ne blesse pas. Le jeu consiste à clamer haut et fort à la tribune de l'ONU, la volonté des Comores à ne pas abandonner Mayotte, mais en ayant préalablement pris la précaution de demander à l'AG de ne pas en débattre, esquivant ainsi le vote d'une résolution : pas de débat, pas de résolution ! Tout le monde est content, la France en premier. Mais le Raïs comorien aussi car, au pays, ses thuriféraires reprennent en chœur son discours, en louant son courage et son patriotisme. Il est même arrivé que certains patriotes s'en soient laissés conter.
Pour la puissance occupante, l'évolution actuelle du statut de Mayotte (à l'échéance de la mise en application de la Décision N° 2012/419/UE, érigeant Mayotte en Région Ultra Périphérique de l'Europe, à compter du 1er janvier 2014), ne tolèrerait même pas que la balle à blanc soit tirée. Surtout à une date proche de la « rupéisation » effective. Car le risque existe, même minime, de donner des idées contrariantes à certains pays. En effet l'inaction et le silence mortifère de la partie comorienne est le meilleur allié de l'occupant. D'où la nécessité de s'assurer que Ikililou ne risque pas d'avoir un sursaut de patriotisme, en tout cas avant janvier 2014. Pour cela tout un mécanisme multifacette pourrait avoir été mis en branle. Le putsch pourrait être une de ces facettes. Mais le président pourrait également avoir bénéficié de beaucoup de conseils de proches, visibles ou occultes, "qui lui veulent du bien", bien sûr. Par exemple, lui faire comprendre qu'il ne sera pas un président "réellement accompli" tant qu'il n'aura pas eu la distinction et le privilège d'être reçu à l'Elysée ; que quelqu'un pourrait lui ouvrir les portes de cette forteresse ; qu'il doit, donc, faire attention pour ne pas risquer de subir le sort de certains de ses prédécesseurs ...
Que faire alors, Monsieur le président ? D'abord, être bien convaincu vous-même que vous devez votre légitimité non pas à un quelconque parrain étranger, mais au peuple comorien qui vous a élu. Cette posture peut vous mettre à l'abri du chantage. Ensuite, prendre conscience que, devant Dieu et les humains, vous êtes coresponsables des milliers de morts de vos concitoyens, consécutives au fameux "visa Balladur", tant que vous n'aurez pas fait ce qui est en votre pouvoir pour y remédier. Enfin, avoir la certitude que si vous faillissiez (comme certains de vos prédécesseurs) à votre mission constitutionnelle, historique, de garant de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale, et que le jugement pour haute trahison ne vous est pas appliqué par vos contemporains, l'Histoire, grand juge devant l'Eternel, ne vous ratera pas. Et c'est toute votre lignée qui en pâtira. De tout cela, nous semble t-il, doit émaner votre ligne de conduite relative à votre action future sur la Question de l'île comorienne de Mayotte.
Quelques axes : il y a deux actions incontournables sur cette affaire, pour un président comorien qui se respecte. Le reste n'est que subsidiaire, après 38 ans de conflit larvé.
1)- Saisir le Conseil de sécurité (CS) dont les résolutions sont contraignantes et exécutoires. Je précise, pour nos "experts" en diplomatie, que le droit de véto français ne peut, en aucun cas, constituer une excuse ou un argument pour ne pas le faire. Il est vrai que la France a opposé son veto en février 1976, suite à la saisine du CS par le président Ali Swalihi (la seule et unique action diplomatique d'envergure depuis 38 ans), et ce malgré l'excellent argumentaire du Dr Mwinyi Baraka, alors ambassadeur. C'était tout de même un succès diplomatique. Mais depuis, l'interprétation de ce droit a évolué : «dans les décisions prises [...], une partie à un différend s'abstient de voter » (art. 27.3 de la Charte). Donc veto français exclu.Et puis, avons-nous le choix ? Nous n'avons que la force du droit pour nous et pas le rapport de force.
2)- Que le procureur de la République saisisse, au nom de l'Etat comorien, le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour crime contre l'humanité, en application de l'art. 7.d (transfert forcé de population) et 7.h (Persécution de groupe ou de collectivité identifiable pour des motifs d'ordre politique, racial, national, ethnique, ...). C'est l'une des 3 seules voies de saisine, les 2 autres étant par le CS de l'ONU ou par le Procureur de la CPI lui-même,proprio motu (auto-saisine). Quelle que soit la volonté et l'abnégation des partis et des associations, leur action ne peut être qu'informative auprès du Procureur de la CPI, en espérant qu'il voudra bien enquêter, en vue éventuellement de s'autosaisir (très aléatoire).
Le président de notre Assemblée de l'Union pourrait continuer le travail initié par son prédécesseur, Said Dhoiffir Bounou (en collaboration avec les associations), en écrivant au président du Parlement européen pour attirer son attention sur le fait que la décision du Conseil Européen de "RUPéiser" Mayotte est inacceptable, et qu'en tout état de cause, elle est illégale au regard du droit international. Elle contrevient aux engagements internationaux de chacun des pays de l'Union européenne, qui ont tous voté le 12 novembre 1975, et sans équivoque aucune, l'appartenance de Mayotte à l'État comorien.

Abdou Ahmed
Paris